L’AOC premières-côtes-de-bordeaux a déposé à l’Inao un nouveau cahier des charges qui devrait permettre de commercialiser tous ses vins (moelleux, blanc sec et rouge) sous une même appellation, « premières-côtes-de-bordeaux », à partir du millésime 2028. Depuis 2008 en effet, l’appellation de 7 000 ha, dont 5 500 ha plantés, qui domine la rive droite de la Garonne, avait gardé cette appellation pour ses moelleux mais y avait renoncé pour ses rouges au profit de cadillac-côtes-de-bordeaux. L'objectif était de « jouer collectif » et de privilégier la communication à l’export en compagnie des autres vins des côtes : blaye, francs, castillon (l’appellation côtes-de-bourg restant indépendante). L’objectif à l’époque était de vendre des volumes et d’être plus visible à l’export, notamment en Chine. « Les marchés ont changé et l’objectif est désormais d’associer la vente de nos vins à une communication plus ciblée sur notre territoire comme destination touristique », résume Emma Baudry. L’accord de l’Inao devrait aller de soi pour les moelleux et même pour les rouges qui bénéficiaient de cette appellation historique jusqu’en 2008. L’incertitude porte en revanche sur les vins blancs, aujourd’hui commercialisés sous l’appellation bordeaux. L’ODG avance ses arguments en assurant que « la production de grands vins blancs secs fait également partie intégrante de son ADN et de ses usages ancestraux ». L’ODG s’appuie notamment sur les travaux du professeur Philippe Darriet de l’Institut scientifique de la vigne et du vin (ISVV) qui « mettent en lumière la singularité remarquable du sémillon sur notre terroir ».
- Auteur : Frank Niedercorn