- Auteur : Cécile Fortis
3 questions à Thierry Bénitah, PDG de La Maison du Whisky qui célèbre cette année son 70e anniversaire
Comment La Maison du Whisky fait-elle face à la crise ?
La question aujourd’hui, c’est comment continuer à progresser alors que la consommation est en baisse et qu’il y a beaucoup plus d’acteurs sur le marché. Nous croyons qu’il est possible de continuer de trouver des relais de croissance en restant sur un marché de niche comme nous l’avons toujours fait et en faisant preuve d’agilité. Nous continuons à faire émerger de nouvelles tendances, comme le saké qui, je pense, a un potentiel gigantesque. Depuis le début de l’année fiscale, la catégorie enregistre une croissance de près de 25%. La création de valeur passe aussi par les spiritueux d’exception : nous n’en avons jamais autant vendu. La dimension omnicanale est importante également : il est essentiel d’être présent sur tous les marchés, en France et à l’international. Le développement de projets est un autre levier de croissance.
En parlant de projets, quels sont vos lancements majeurs cet automne ?
Nous lançons LAMAISON, un whisky français accessible et très versatile qui s’adresse à un public large. Nous espérons d’ailleurs ouvrir des marchés à l’export avec. Nous lançons également Cognac Syndicate, une gamme de négoce de cognac. J’ai été invité à Cognac par le Syndicat des Maisons de Cognac : c’est un projet commun né de la volonté de faire émerger le cognac sur le marché français. Dans notre collection Les Anthologistes, s’il y a beaucoup de cuvées à moins de 100 €, nous lançons également quelques vraies pépites. Nikka en fait partie. Pour fêter les 25 ans de notre partenariat, nous avons sélectionné des fûts uniques, de très vieilles barriques. Neisson, qui n’avait jamais fait de négoce, est également présent. Le marché est compliqué mais le point positif de cette crise, c’est que tout le monde a envie de faire du business. Après une période d’euphorie, de 1995 à 2007, les prix ont flambé et les distilleries ont fermé leurs chais. Aujourd’hui, les prix baissent et les portes s’ouvrent plus facilement.
Est-ce que le Whisky Live Paris réserve également quelques surprises ?
L’édition 2026 célèbre non seulement les 70 ans de La Maison du Whisky, mais aussi les 20 ans de notre filiale singapourienne et les 10 ans de la Cocktail Street. Il y aura quelques temps forts. En plus des embouteillages de la collection Les Anthologistes qui seront présentés sur l’espace VIP, nous avons prévu des masterclass d’anthologie, avec Dassai par exemple, qui va présenter des cuvées uniques encore jamais vues en France, ou Chartreuse qui sera présente pour la première fois au Whisky Live Paris. Fine Spirits Auction va aussi mettre en vente pendant le salon un fût de Port Ellen distillé en 1979, quatre ans avant la fermeture de la distillerie. Cela contribue à donner une dimension plus internationale à l'événement.