- Auteur : Cécile Fortis
Baromètre Sowine 2026
Étude annuelle sur le comportement d’achat des Français en matière de boissons alcoolisées, le Baromètre Sowine/Dynata* décrypte les évolutions de leurs habitudes de consommation. L’édition 2026 met en lumière 9 grandes tendances.
Le vin s’impose toujours comme la boisson alcoolisée préférée des Français
Si, cette année encore, le vin (52%, ‑6 pts vs 2025) et la bière (51%, ‑5 pts) restent les boissons alcoolisées préférées des Français, ils sont en recul. La préférence pour le vin baisse aussi bien chez les hommes (58%, ‑9 pts) que chez les femmes (47%, ‑3 pts) de toutes les classes d’âge. La préférence pour la bière chute elle aussi, en particulier chez les hommes (63%, ‑9 pts), les 26-35 ans (52%, ‑8 pts) et les 50-65 ans (50%, ‑6 pts). Quant au champagne, il conserve sa troisième position (34%, ‑1 pt), mais avec une dynamique contrastée puisqu’il progresse nettement chez les 26-35 ans (30%, +7 pts) mais recule chez les 18-25 ans (29%, ‑5 pts). En 2026, la catégorie gagnante est celle des vins effervescents hors champagne qui enregistrent une croissance notable (22%, +10 pts), portée notamment par les hommes (+13 pts) et les 36-49 ans (+13 pts). Enfin la part de non-consommateurs d’alcool progresse faiblement (18%, +1 pt).
La consommation de vin poursuit son recul
77% des Français affirment boire du vin au moins une fois dans l’année, une consommation qui recule pour la troisième année consécutive : ‑3 pts vs 2025, ‑2 pts vs 2024 et ‑3 pts vs 2023. Si elle est en retrait le midi, la consommation progresse le soir, que ce soit en semaine (41%, +3 pts) ou durant le week-end (70%, +1 pt). Elle progresse également à l’apéritif, notamment pour le vin blanc (36%, +3 pts) et le vin orange (27%, +3 pts), et en soirée pour le vin rouge (13%, +3 pts), le vin blanc (16%, +2 pts) et le vin rosé (20%, +4 pts). Les effervescents français dominent la consommation à l’apéritif (41%, +1 pt) ; le champagne s’impose en soirée (46%, stable). Désormais, « seulement » 60% des Français associent un bon repas avec du vin (‑5 pts), un lien qui diminue en particulier chez les 36-49 ans (56%, -10 pts) mais progresse chez les 26-35 ans (60%, +2 pts).
Le budget moyen alloué à l’achat d’une bouteille reste contenu
81% des Français déclarent avoir acheté du vin au moins une fois dans l’année (‑1 pt vs 2025) et la part d’acheteurs occasionnels progresse à 37% (+2 pts), ce qui illustre un espacement des achats. Le budget moyen alloué à l’achat d’une bouteille reste contenu : il se situe entre 5 et 10 € pour les vins tranquilles, entre 11 et 20 € pour les vins effervescents et entre 21 et 35 € pour le champagne. Au-delà du prix et de la couleur, l’appellation – ou la région – demeure le premier repère (67%), devant le nom du domaine, du vigneron ou de la marque (55%), les accords mets et vins (48%), les cépages (47%) et le millésime (47%). Si la GD reste le lieu privilégié pour acheter du vin (84%, +1 pt), l’achat chez les cavistes progresse nettement (44%, +6 pts) et connaît un léger recul chez les producteurs (21%, ‑1 pt). « Les consommateurs arbitrent davantage et exigent plus de garanties lorsqu’ils mettent le prix, affirme Marie Mascré, directrice associée de Sowine.Dans ce contexte, le caviste remplit un rôle essentiel : il éclaire le choix, réinstalle de la confiance et replace l’humain et l’émotion au cœur de l’acte d’achat. Sa valeur tient autant à la qualité de son conseil et de son récit qu’à sa capacité à dénicher des pépites accessibles. »
Les vins effervescents connaissent un véritable engouement
Comme l’an passé, le vin blanc (91%, stable vs 2025), le champagne (87%, stable) et le vin rosé (85%, stable) restent les catégories de vin les plus consommées par les Français. Si le vin rouge est en léger recul (83%, ‑1 pt) et que le vin orange poursuit sa progression (27%, +1 pt), la plus forte croissance est celle des vins effervescents (82%, +15 pts).
Bordeaux (61%), la Bourgogne (58%), la Champagne (42%), la vallée du Rhône (40%) et l’Alsace (39%) sont les régions les plus plébiscitées par les consommateurs de vin. Par ailleurs, 75% d’entre eux déclarent déguster des vins étrangers (+10 pts), une tendance portée notamment par les vins italiens (39%, +9 pts). Côté cépages, le chardonnay s’impose plus que jamais comme le cépage préféré des Français (41%, +5 pts), devant le pinot noir (31%, +2 pts), le merlot (27%, +3 pts), le cabernet sauvignon (24%, ‑1 pt) et le riesling, en forte croissance lui aussi (22%, +5 pts).
Les achats en ligne progressent
Cette année, l’e-commerce fait preuve de dynamisme. 39% des acheteurs de vin déclarent avoir effectué un achat en ligne (+5 pts vs 2025) et 42% des acheteurs de spiritueux affirment avoir réalisé un achat en ligne (+3 pts). Le panier moyen d’achat de vin en ligne est également en progression puisqu’il se situe désormais entre 51 et 70 € pour 31% des acheteurs. Si le lot de 3 à 6 bouteilles reste plébiscité, il est en légère baisse (48%, ‑1 pts). En revanche, les achats de 1 à 2 bouteilles (25%, +2 pts) et de 7 à 12 bouteilles (21%, +2 pts) sont en progression. Pour le vin, les sites de cavistes (33%, +3 pts) sont désormais privilégiés, devant ceux de la grande distribution (32%, ‑1 pt) et des producteurs (31%, +4 pts). Pour les spiritueux, ce sont les sites de producteurs qui ont les faveurs des consommateurs (32%), devant ceux de la grande distribution (28%, +5 pts), des cavistes (27%, +8 pts) et des pure players de l’e-commerce (27%, +6 pts).
Les Français s’intéressent moins aux spiritueux
L’intérêt des Français pour les spiritueux connaît une baisse significative en 2026 (36%, ‑5 pts vs 2025). D’ailleurs, le nombre de personnes interrogées ayant acheté des spiritueux l’an passé est en recul (64%, ‑4 pts). La grande distribution reste le circuit privilégié pour acheter des spiritueux (79%, ‑1 pt), devant les cavistes (25%, stable) et internet (18%, +5 pts). Toutefois, le nombre d’acheteurs qui consacrent en moyenne entre 21 et 50 € à l’achat de spiritueux est en forte croissance (57%, +9 pts), confirmation d’une montée en gamme de la consommation. Cette année encore, le rhum (78%, stable), le whisky (72%, +1 pt) et les liqueurs (63%, stable) s’imposent comme les spiritueux les plus consommés par les Français. La progression la plus marquante concerne le gin, qui atteint 52% (+5 pts) et dépasse désormais le cognac (49%, ‑1 pt). L’armagnac (43%, +3 pts), le ratafia (28%, +3 pts) et le mezcal (25%, +2 pts) sont eux aussi en croissance. En revanche, la tequila enregistre un léger recul (50%, ‑1 pt).
La mixologie monte en puissance, en particulier chez les jeunes adultes
En matière d’habitudes de consommation, 58% des consommateurs déclarent déguster les spiritueux purs, principalement entre amis (52%, +2 pts), à l’apéritif (40%, stable) et en soirée (36%, +3 pts). La mixologie poursuit néanmoins sa montée en puissance : 59% des Français affirment en effet consommer des spiritueux en cocktail, qui s’impose même comme la boisson alcoolisée préférée des 18-25 ans (46%, +2 pts vs 2025). La progression des ready to drink (4%, +3 pts) s’inscrit dans cette tendance. En mixologie, le rhum reste le spiritueux privilégié (55%, +1 pt), devant la vodka en net recul (34%, ‑4 pts). Ils sont suivis du whisky (30%, +3 pts), de la tequila (24%, +2 pts) et du gin (22%, +1 pt), trois catégories en progression. La pratique du cocktail à domicile reste solidement installée avec 78% des consommateurs de spiritueux en cocktails qui déclarent les préparer eux-mêmes, un niveau stable par rapport à 2025.
Le vin gagne du terrain dans la consommation « no-low »
Le marché des boissons sans alcool ou à faible teneur en alcool a tendance à se stabiliser. 33% des Français déclarent avoir déjà consommé des no-low (+1 pt vs 2025). Une dynamique portée par les 18-25 ans qui sont 54% à en consommer (+3 pts), et par les 36‑49 ans qui enregistrent la plus forte progression (31%, +7 pts). Dans un contexte où l’offre se développe, si la bière reste la boisson no-low la plus consommée (60%, ‑1 pt) et que les cocktails sont en recul (39%, ‑3 pts), les spiritueux (27%, +6 pts) et le vin (24%, +7 pts) gagnent nettement du terrain. Il faut dire que le vin sans alcool ou à teneur réduite en alcool progresse en appréciation : 27% des consommateurs déclarent désormais aimer son goût (+8 pts). Et si la modération reste la première raison évoquée (43%, ‑7 pts), elle perd du terrain au profit du goût (39%, +4 pts), qui devient un moteur central.
* Cette enquête indépendante a été réalisée avec la collaboration de Dynata par questionnaire auto-administré en ligne en France métropolitaine, en décembre 2025, auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1 003 personnes, âgées entre 18 et 65 ans.
L’intelligence artificielle, nouvel outil d’information
70% des Français estiment qu’il est important de se renseigner avant d’acheter. Parmi les sources d’information, ils privilégient l’entourage (46%) et les professionnels (44%). Les guides spécialisés (15%, +4 pts), la presse écrite (13%, +6 pts) et les réseaux sociaux (13%, +4 pts) progressent. Dans cette logique, le Baromètre Sowine/Dynata a, pour la première fois, posé la question de l’usage de l’intelligence artificielle. 30% des personnes interrogées déclarent avoir déjà utilisé une IA pour se renseigner sur les boissons alcoolisées. Chez les 18-25 ans, 21% l’utilisent pour s’informer sur les appellations ou recueillir des conseils de dégustation, 18% pour obtenir une recommandation d’accord mets et boisson et 16% pour évaluer la qualité d’un produit. Chez les 26-35 ans, 16% interrogent l’IA pour s’informer sur un domaine et 15% sur les appellations ou pour obtenir des conseils de dégustation. À noter également que 6% des Français déclarent avoir suivi la recommandation d’une IA dans leur choix de vin au restaurant. « Dans ce contexte, l’émergence de l’intelligence artificielle marque une nouvelle étape : celle d’un consommateur plus autonome, mieux informé et en quête d’expériences personnalisées », estime Sylvain Dadé, directeur associé de Sowine.