Reportage marchés

Cartes bancaires
Reportage marchés

Le Groupe BPCE dévoile la cinquième édition de son Baromètre Digital & Payments qui analyse les tendances de consommation en 2025 à partir des données anonymisées de plus de 20 millions de cartes bancaires. Si les dépenses via ce biais (y compris les retraits) progressent de 1,1%, une croissance alignée sur l'inflation annuelle de 0,9% selon l’Insee, il s'agit de la première année depuis 2020 où la consommation globale ne progresse pas plus vite que l’inflation. « Ce constat révèle une contrainte budgétaire désormais ancrée dans les comportements des ménages », estime la BPCE.

Le digital, moteur de la consommation

En 2025, 30% des dépenses par carte bancaire sont réalisées en e-commerce, contre 27% en 2022, signe que le digital s’impose dans les pratiques de consommation. Cette progression de la part de l’e-commerce de 3 pts en 3 ans est similaire au boom « Covid » (+4 pts de 2019 à 2022). La consommation des moins de 35 ans est encore plus marquée par le digital qui représente 38% de leurs dépenses, quand les plus de 55 ans ne sont qu’à 20%. Dans ce même mouvement, le paiement mobile poursuit son déploiement : en 2025, plus d’un paiement sur cinq est réalisé via un mobile, soit plus du triple par rapport à 2022. « La transition du portefeuille au smartphone est déjà bien engagée. »

Les dépenses d’alimentation, en hausse de 1,5%, se fractionnent : le nombre de passages en caisse a augmenté de 5%. Le panier moyen s’établit à 36 €, en baisse de 1 € par rapport à 2024 et de 2 € par rapport à 2022, aussi bien dans les enseignes traditionnelles que discount, « ce qui traduit une appétence des Français pour les bons plans ».

V&S : la modération s’installe
En 2025, la consommation d’alcool poursuit son ralentissement avec une progression limitée. Plus qu’un décrochage, cette décélération reflète surtout une transformation des usages conviviaux. Les bars concentrent les ajustements les plus visibles, par contraste avec une année 2024 dense en événements sportifs exceptionnels. Les dépenses y reculent légèrement (‑1%), surtout sous l’effet d’une baisse de consommation chez les moins de 35 ans, davantage enclins à des formes de convivialité alternatives. Le panier moyen reste néanmoins stable, autour de 24 €, confirmant une fréquentation encore socialement structurante. Les cavistes résistent mieux, qui affichent encore une hausse de 1% des dépenses. Le segment est soutenu par les plus de 45 ans, qui représentent désormais près de 60% du marché. Cette bascule traduit une recomposition des moments de consommation : moins de sorties, davantage de consommation maîtrisée à domicile.
Au total, le secteur reflète bien les évolutions de la consommation alimentaire en 2025 : des usages plus sobres, moins impulsifs, mais encore porteurs de sens et de plaisir, dès lors qu’ils s’inscrivent dans des moments choisis et maîtrisés.