En cette année 2026, les Français manifestent un regain d’intérêt pour une consommation responsable, selon les résultats du baromètre GreenFlex-Ademe 2026*. Ils sont globalement sensibilisés à l’impact de leur consommation sur l’avenir de la planète et cherchent à consommer mieux en portant notamment une attention accrue aux enjeux de l’amont de la chaîne de valeur, ce qui constitue une carte à jouer pour la filière vin, estime Laure Blondel, directrice conseil chez GreenFlex, en promouvant des modes de production les plus vertueux et respectueux de l’environnement possibles. Et ce, d’autant plus que la santé est une préoccupation majeure pour 80% des Français et la première motivation à changer ses habitudes de consommation.

Un taux d’engagement variable mais globalement élevé

Si l’engagement des Français en faveur d’une consommation responsable s’était quelque peu essoufflé en 2025, il est à nouveau en augmentation, passant de 73% à 77%, avec une différence notable selon les tranches d’âge : les moins de 35 ans affichent un taux d’engagement de 88%, alors que les plus de 55 ans ne sont mobilisés qu’à hauteur de 70%. Ces mêmes Français font à 71% un lien entre leurs choix de consommation et l’avenir de la planète. « Avec néanmoins des niveaux de connaissance très variables selon leur degré d’engagement en faveur d’une consommation responsable », souligne Laure Blondel, les pourcentages variant de 91% pour les plus engagés – et qui font déjà tout leur possible pour réduire l’impact de leur consommation – à 80% pour ceux qui essayent de modifier au quotidien certaines de leurs pratiques et à 44% pour ceux qui n’ont pas spécialement envie de changer leurs habitudes de consommation. Il reste les « agacés » (15%), qui ne sont prêts à aucun sacrifice.

Toujours selon le baromètre, 78% des Français, soit un chiffre en hausse de 7 points par rapport à 2025, estiment qu’il faut consommer moins mais mieux. « Et du coup, ceux-ci portent une attention plus forte aux enjeux de l’amont de la chaîne de valeur », constate Laure Blondel. Ils sont ainsi 74% à faire leurs choix en fonction de l’origine du produit et 25% le font systématiquement (contre 20% en 2025). 63% des répondants indiquent aussi trier les produits en fonction de leur mode de production (18% le font systématiquement) et 64% privilégient les produits qui rémunèrent de manière juste les producteurs et agriculteurs (un critère évalué systématiquement pour 15% d’entre eux, alors qu’ils n’étaient que 12% en 2025). « Tous ces éléments doivent être pris positivement par la filière vin et constituent autant de leviers à activer en jouant la carte de la transparence et en mettant en valeur les modes de production les plus vertueux possibles et à moindre impact environnemental », estime Laure Blondel. D’autant que la santé s’impose comme une préoccupation majeure pour une très large majorité de Français puisque 80% d’entre eux sont prêts à changer leurs habitudes si leur santé et leur bien-être sont en jeu (à noter que 74% se déclarent prêts à faire des choix de consommation plus responsables pour le bien de la planète et de l’environnement, et 70% pour assurer l’avenir des générations futures).

Une demande d’encadrement des pratiques

Si la question de la présence de pesticides dans les produits – et donc de leur impact sur la santé – n’a pas été éludée, « force est de constater que ce n’est plus un sujet de niche », annonce Laure Blondel, puisque 81% des citoyens se déclarent inquiets sur ce point. « Ce qui devrait interpeller la filière vin. À charge encore une fois pour les marques et les domaines de rassurer un consommateur qui se pose beaucoup de questions et de s’interroger sur ces pratiques », sachant que les consommateurs portent un regard critique sur l’engagement des entreprises en matière de développement durable, puisqu’ils ne sont que 46% à leur faire confiance. Une défiance qui s’accompagne d’une demande de régulation : 81%, soit un score en hausse de 5 points par rapport à 2025, estiment que les pouvoirs publics devraient contraindre davantage ces mêmes entreprises à produire dans le respect de l’environnement et des travailleurs.

* Sondage effectué par le CSA auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1 009 personnes âgées de 18 ans et plus.