L’enseigne Vilavigne a lancé son site internet en avril 2025 avec l’idée d’apprendre ce nouveau métier progressivement. « Notre objectif était de fournir un service supplémentaire aux franchisés, partant du principe que, selon une étude Xerfi sur l’e‑commerce en général, 8 clients sur 10 se renseignent d’abord sur des sites internet avant de se rendre dans un magasin, explique Jordy Carrasco, directeur de ce réseau de 21 caves. Les résultats sont modestes, à la hauteur de notre investissement initial, mais les caves nous remontent le fait que le site est effectivement générateur de trafic, avec des clients qui viennent chercher des produits spécifiques. De notre côté, nous constatons des achats de la part de clients qui ont fréquenté une cave cet été et qui commandent ensuite depuis chez eux. 60% des acheteurs en ligne habitent ainsi à plus de 50 kilomètres d’une cave. » Les expéditions s’effectuent depuis le site logistique de l’enseigne avec un franco à 150 €. Actuellement, 9 bouteilles vendues sur 10 sont des vins, alors qu’en magasin les spiritueux génèrent 20% du CA.
Une V2 en gestation
Forte de ces premiers résultats, l’enseigne prévoit un nouvel investissement. « Nous avons conçu notre site comme un magasin, avec une belle page d’accueil, puis des pages de présentation. Or, le monde du digital ne fonctionne pas comme cela, encore moins avec des recherches effectuées par IA. Il faut travailler le référencement des produits. De même, il y a une mécanique à monter pour commissionner les magasins sur les ventes en ligne effectuées par leur clientèle de passage, une fois celle-ci revenue chez elle. L’intéressement des franchisés est une des clés pour qu’ils incitent leurs clients à acheter aussi en ligne. D’ores et déjà, nous redescendons vers les magasins toutes les demandes d’information des comités d’entreprise – ou pour des mariages – effectuées sur le site. Enfin, le site vilavigne.fr ne propose actuellement que les références du tronc commun de l’assortiment ; nous pourrions imaginer l’ouvrir aux sites internet de nos caves partenaires [l’enseigne ne peut être développée que par des caves coopératives, ndlr] à la façon d’une market place. Cela leur donnerait plus de visibilité et nous servirait de plate-forme test. Concrètement, si un vin se vend bien en ligne, nous avons tout intérêt à le référencer en magasin. » Toutes ces améliorations doivent permettre au site de générer d’ici 3 ans un CA identique à celui d’un magasin.