En 2025, avec 118 228 hectolitres d’alcool pur commercialisés, les ventes de rhums d’outre-mer ont enregistré une baisse de 5,6% par rapport à 2024, poursuivant une chute démarrée il y a quatre ans. Après avoir culminé à 134 743 HLAP en 2021, elles ont retrouvé le niveau de 2014 en volume. Et les prévisions pour 2026 sont orientées à la baisse. « C’est une catastrophe économique pour les distilleries de Guadeloupe, Guyane, Martinique et de La Réunion, a affirmé Michel Claverie, président de producteurs guadeloupéens au Conseil interprofessionnel du rhum traditionnel des départements d’outre-mer (CIRT-DOM). Nous avons fait un bond en arrière de onze ans. » De son côté, Charles Larcher, vice-président du Coderum et directeur général des Héritiers H. Clément, a déclaré : « C’est la plus forte baisse que nous ayons connue ces quatre dernières années. » Ce recul s’explique à la fois par une évolution des habitudes de consommation et par une concurrence accrue des rhums étrangers, notamment d’Amérique latine, qui bénéficient de coûts de production moins élevés que les rhums français. En Martinique, les ventes reculent également, avec une baisse de 1,8% enregistrée fin septembre, principalement liée à l’augmentation des prix et à un recul de la fréquentation touristique. Une autre problématique inquiète les rhumiers français : la menace politique et fiscale. L’application de l’accord Mercosur pourrait en effet favoriser le développement des rhums nicaraguayens et vénézuéliens dans l’Hexagone. Quant à la volonté d’alignement des accises du rhum ultramarin sur celles des autres spiritueux en Métropole prôné par certains politiques, elle alourdirait inévitablement le prix des rhums ultramarins de plusieurs euros.
- Auteur : Cécile Fortis